La taverne du tonneau était l’une des nombreuses auberges de la ville de Branvillion. Elle n’avait ni bonne ni mauvaise réputation, les villageois qui la fréquentait étaient de toutes races confondues bien que la majorité des clients furent humains.
Le décor assez pauvre était néanmoins accueillant, une grande cheminée avec un bon feu de bois, de grande tablée et un comptoir ou trônait l’aubergiste. Le propriétaire et aubergiste, Jean Banbois surnom qu’il tenait de l’amputation d’un de ses membres inférieurs, avait la cinquantaine bien entamé, son visage rougeôt et son air hilare montraitent que comme à son habitude il n’avait pas fait que servir ses clients. Dans son jeune âge il devait être un redoutable combattant mais cette blessure de guerre à la jambe avait eu raison de ses ambitions et de sa sobriété.
La taverne du tonneau était à moitié pleine comme tous les soirs, les habitués au comptoir discutaient entre eux bruyamment comme de coutume. Aux tables d’autres groupes plus petits faisaient les fiers à bras pour tenter d’impressionner les filles de joies aux formes généreuses qui ne s’en laissait pas compter.
Un nain hirsute assis seul à la table du fond semblait songeur. Il portait une cotte de maille légère que l’on distinguait à peine derrière sa longue barbe grise. Ses traits ridés dévoilaient qu’il n’était plus tout jeune, son regard pétillant laissait présager une fougue et une énergie inattendue. Le tohu bohu général qui l'entourait, ne semblait pas le déranger. Il leva la tête.
Tavernier une bière dit le nain, de sa voix rauque.
Jean Banbois tourna la tête vers la table du fond et fit un signe de la tête. Il prit une chope et y versa le liquide doré et mousseux puis la posa sur le comptoir. Il fit ensuite le tour du comptoir en boitillant et l’apporta au nain.
Alors Siméon on tient la cadence ! dit Jean tout en déposant la chope sur la table.
Moui rétorqua le nain, ta bière est toujours aussi infecte à ce que je vois, elle ne ferait même pas d’effet à un gobelin qui vient de naître.
Jean regarda en direction de la serveuse et dit :
Martha occupe toi du comptoir j’ai une affaire à régler.
Jamais satisfait vieille barrique ! Ma bière est la meilleure du comté !
Le nain sourit derrière sa barbe et son œil pétilla.
Mon ami que c’est bon de te revoir.
Siméon mon frère d’arme toujours valide et toujours la langue pointue !
Mais que me vaut le déplaisir de ta présence chez moi dit Jean.
J’ai entendu parler d’un mystère lier à des disparitions dans la région et je me suis dit que j’allais faire une surprise à un vieil ami.
Attends-moi à la fermeture on discutera du bon vieux temps en sirotant ma dernière cuvée spéciale.